dimanche 1 juillet 2007

Européens maltraités

Une fois de plus, le Conseil Européen a montré les limites de l'approche intergouvernementale. Réunis à Bruxelles pour relancer le processus d'intégration politique suite aux blocages français et néerlandais, les dirigeants de l'Union se sont montrés incapables de dégager une vision commune de l'Europe. Obnubilé par l'image que lui renvoient les commentateurs sarkomaniaques, le chef de la délégation française n'a pas cessé de rouler les mécaniques faisant mine de s'attribuer les bénéfices d'un compromis au risque de fâcher son homologue allemande, Présidente en exercice. Fidèle à son approche clientéliste de la politique, la seule contribution réelle de Nicolas Sarkozy se limite au retrait du principe garantissant une "concurrence libre et non faussée". Son ami Bouygues, lourdement condamné pour entente illégale sur les tarifs de téléphonie mobile appréciera le cynisme de ce "cadeau aux nonistes".
Il reste que, outre la médiocrité du compromis final et l'absurdité de son calendrier d'application, ce conseil a agravé l'isolement de deux poids lourds de l'Union: la Pologne, victime de la germanophobie anachronique de ses dirigeants et le Royaume Uni qui rompt une fois de plus les amarres avec le Continent en s'exemptant des effets contraignants de la Charte des droits fondamentaux.
D'une manière plus générale, la méthode du conciliabule, la mise en place d'une Conférence Intergouvernementale (CIG) au lieu d'une convention voire d'une assemblée constitutionnelle et les projets de ratification en catimini ne peuvent qu'éloigner encore davantage les Citoyens Européens de la construction institutionnelle en cours.
La première victime du 23 juin 2007 est donc la Démocratie Européenne.

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