samedi 2 juin 2007

Sarkozy Libérateur

Enfin, après de longues années d'immobilisme, la France se remet en mouvement. Et tout particulièrement la France de droite qui, bien qu'étant majoritaire depuis 2002, n'osait plus revendiquer ouvertement son attachement aux valeurs de l'argent, de la réussite personnelle et de la différenciation identitaire voire clanique. Grâce au clientelisme décomplexé du nouveau chef de l'état, "tout devient possible". Finie la repentance. Les acteurs de l'immobilier peuvent réclamer tout haut une relance de leur secteur par des subventions massives d'argent public (déduction fiscale des intérêts d'emprunts). Les parents aisés n'ont plus à inventer d'improbables subterfuges pour inscrire leur progéniture dans des établissements géographiquement protégés de la "racaille" (supression de la carte scolaire). L'administration n'a plus honte d'expulser des familles immigrées qui menacent l'identité nationale au sens du ministère du même nom. Les héritiers des empires industriels capitalistes français (Dassault, Lagardère, Bolloré et Bouygues) n'hésitent plus à censurer les rédations "impertinentes" de leurs journaux, radio et télévisions si elles déplaisent à leur ancien avocat d'affaires.
Sarkozy les a tous libérés. "Nous devons réapprendre à devenir riche" disait hier un participant anonyme à une réunion électorale UMP, résumant en une phrase l'espoir naïf qui fait la Sarkomania de ce début de juin 2007. Reste à savoir ce que les français feront de ces "nouvelles libertés" (que la plupart de nos voisins ont expérimentées et rejetées depuis longtemps) lorsque le nouveau gouvernement aura épuisé les maigres réformes du programme électoral de son chef.

0 commentaires: