Emprunt (de la politique des autres)
Nos parlementaires sont doués d'une patience inouïe. Ne leur aura-t-il pas fallu attendre 136 ans pour enfin pouvoir apprendre de la bouche même du chef de l'état que "rien ne sera(it) plus comme avant"? Réunis hier en congrès à Versailles, nos sénateurs et députés mettaient fin à l'interdiction faite en 1873 au Président de la République de s'adresser directement à eux. L'évènement était historique et la solennité de sa mise en scène à la hauteur des enjeux. Hauteur à laquelle était également attendu l'orateur. Persuadé que "notre avenir se décide maintenant", notre Président a tenu à rassurer les parlementaires en affirmant qu'il "(ne fuira pas ses) responsabilités devant la grave question des déficits de nos finances publiques". Et d'épater la galerie (des glaces) en précisant qu'il y a des bons et des mauvais déficits et que le tout est de ne s'endetter que pour les bons. En 136 ans, aucun parlementaire n'était arrivé seul à une telle conclusion. On comprend mieux, à présent, l'intérêt de la réforme constitutionnelle...
Le salut vient donc de l'emprunt et pas seulement l'emprunt d'argent auprès des plus fortunés d'entre nous mais également l'emprunt d'idées et de solutions. Car le plus grave des déficits qui nous guettent, c'est bien le déficit d'une vision politique à la tête de l'état.







