mardi 23 juin 2009

Emprunt (de la politique des autres)

Nos parlementaires sont doués d'une patience inouïe. Ne leur aura-t-il pas fallu attendre 136 ans pour enfin pouvoir apprendre de la bouche même du chef de l'état que "rien ne sera(it) plus comme avant"? Réunis hier en congrès à Versailles, nos sénateurs et députés mettaient fin à l'interdiction faite en 1873 au Président de la République de s'adresser directement à eux. L'évènement était historique et la solennité de sa mise en scène à la hauteur des enjeux. Hauteur à laquelle était également attendu l'orateur. Persuadé que "notre avenir se décide maintenant", notre Président a tenu à rassurer les parlementaires en affirmant qu'il "(ne fuira pas ses) responsabilités devant la grave question des déficits de nos finances publiques". Et d'épater la galerie (des glaces) en précisant qu'il y a des bons et des mauvais déficits et que le tout est de ne s'endetter que pour les bons. En 136 ans, aucun parlementaire n'était arrivé seul à une telle conclusion. On comprend mieux, à présent, l'intérêt de la réforme constitutionnelle...
Le salut vient donc de l'emprunt et pas seulement l'emprunt d'argent auprès des plus fortunés d'entre nous mais également l'emprunt d'idées et de solutions. Car le plus grave des déficits qui nous guettent, c'est bien le déficit d'une vision politique à la tête de l'état.

samedi 25 octobre 2008

dimanche 24 février 2008

"Casse-toi, pauvre con"... toi-même!

Comment la République se débarrasse-t-elle de ses présidents ? L'histoire récente (26 dernières années!) de la République semble privilégier le départ à la retraite programmé des présidents de la République devenus alors de vieux messieurs respectables. Il n'en a pourtant pas toujours été ainsi.
Passons sur la retraite (à peine) anticipée du Général de Gaulle (1969) qui n'a pas la valeur politique habituelle des cas de démission comme Paul Deschanel en 1920 et Alexandre Millerand en 1924. Les départs de présidents accompagnent également les tournants historiques et peu glorieux de la République, ainsi Albert Lebrun, "écarté" en 1940 par le Maréchal Pétain et René Coty qui invente en 1958 une "transmission" très peu démocratique en faveur du Général de Gaulle. On préférera le départ "battu" de Giscard en 1981. La mort a parfois aidé la République au renouvellement des générations comme dans le cas de Georges Pompidou (1974) ou de Paul Doumer (1932) avec l'aide, il est vrai, du bras de son assassin. Et que dire de l'inoubliable Félix Faure (1899), si ce n'est que sa mort très "people" pourrait redevenir à la mode chez les imprudents qui s'éprennent d'une femme plus jeune qu'eux.
Il reste une voie non encore explorée, celle de la destitution. Malheureusement, il semble que le peuple souverain ait oublié de se munir de l'outil constitutionnel adéquat. C'est probablement à cela que pensait Nicolas Sarkozy, hier, au salon de l'agriculture en nous renvoyant collectivement son: "casse-toi, pauvre con".

vendredi 28 décembre 2007

Un quarteron d'héritiers incompétents

Dans l'indifférence générale, le Coprince d'Andorre, en visite d'état à Disneyland, a décidé de dissoudre la République. La devise de la Nation devient: "descends, si t'es un homme" et l'agitation médiatique est le but ultime de l'activité politique. Si cette décision est la suite logique du refus ostentatoire d'occuper le poste par le candidat élu à la Présidence en mai, elle n'en soulève pas moins un certain nombre de questions.
La première est d'ordre institutionnel. Cette dissolution a-t-elle été prévue par les Pères de la Constitution ? La réponse est indéniablement: oui. En effet, lorsqu'on charge la seule personne du Président de la République du soin de veiller au respect de la Constitution, on n'est pas à l'abri d'un fanfaron qui décide de se passer, tout simplement, de constitution. En soi, la situation actuelle est en continuité avec certaines habitudes prises lors des mandats précédents. Mais, à présent, c'est l'ensemble des institutions qui est visé et il semble que la continuité de la République ne repose plus que sur le bon vouloir de l'administration.
Mais alors, comment qualifier le régime actuel ? "Ce pouvoir a une apparence: un quarteron d'héritiers incompétents. Il a une réalité: des groupes de Presse, partisans, ambitieux et fanatiques", n'auraient pas manqué de commenter les Pères de la Constitution devant tant de clientélisme. Oui, mais voilà, ils auraient été tout simplement censurés. Ou bien plus prosaïquement, confrontés à l'indifférence générale.

dimanche 21 octobre 2007

Guy Môquet dans la langue de Tokio Hotel

Le jeune Guy Môquet ayant adressé sa dernière lettre à ses seuls proches, nos enseignants n'auront pas, demain, l'impudeur de la lire en public. Il leur faudra donc aller chercher ailleurs le témoignage de ces temps troubles qui furent fatals au jeune communiste. Peut-être se souviendront-ils alors du poême que Bertolt Brecht nous adresse à tous:
"Dabei wissen wir doch:
Auch der Hass gegen die Niedrigkeit
Verzerrt die Züge.
Auch der Zorn über das Unrecht
Macht die Stimme heiser. Ach, wir
Die wir den Boden bereiten wollten für Freundlichkeit
Konnten selber nicht freundlich sein."
Bertolt Brecht, An die Nachgeborenen (extrait), 1939

dimanche 2 septembre 2007

Risques accrus de "contagion immunitaire"

La nouvelle est venue d'en haut. Très précisément, d'en haut des marches du perron de l'Elysée: la femme du Président de la République aurait été contaminée par l'immunité dont jouit son mari. Le communiqué ne précise toutefois pas le mode de transmission. Dans un premier temps, les experts se sont montrés très sceptiques tant la nouvelle était juridiquement improbable. Mais il a fallu déchanter. Quelques jours plus tard, en effet, lors d'une représentation du cirque néolibéral à Jouy-en-Josas, le chef de l'état a dû reconnaître qu'il était-de-ceux-qui-pensent-que la contagion pourrait s'étendre aux crimes financiers. Selon certaines sources, même les abus de biens sociaux ne seraient pas épargnés. Le président a, malgré tout, tenu à rassurer les "fauteurs de troubles", les voleurs de bicyclette et autres auteurs de larcins à but alimentaire que toutes les mesures avaient été prises pour les sauvegarder de l'épidémie.
Comme on situe une des origines de la contagion dans l'article 68 de la constitution, le comité de reflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions a été chargé de l'affaire. Son président a immédiatement lancé sa célèbre formule incantatoire: "je vous demande de vous arrêter". Les observateurs doutent toutefois de l'efficacité réelle de ces incantations sur la progression attendue des crimes financiers et anti-sociaux suite à l'annonce de l'épidémie.
Tous les espoirs se tournent à présent vers un autre éminent membre du comité, ci-devant professeur de droit public et par ailleurs bien introduit dans les bouillons de culture. S'il échoue, il ne restera au gouvernement aucune autre solution que celle d'envoyer les malheureuses victimes en quarantaine dans un hôpital fermé de l'île de Saint-Barth et les soumettre à une cure forcée d'exception fiscale.